Que fête-t-on
à Pâque ?

Une question d'enfant qui embarrasse les adultes

« Que fête-t-on à Pâques ? »

Farel, 11 ans

Chaque année, on agite des rameaux, on achète du chocolat, on parle de résurrection mais que célèbre-t-on vraiment ? Cet enseignement prend cette question au sérieux et y répond à la lumière des Écritures.

I

Le jour des Rameaux : une célébration qui contrarie Jésus-Christ dès le départ

« Il vit la ville et pleura sur elle » Luc 19.41

Six jours avant la Pâque, Jésus entre à Jérusalem. La foule l'acclame, crie de joie, tapisse le sol de manteaux et de rameaux verts. Une scène de triomphe apparent. Et pourtant, au cœur même de cette ovation, Jésus pleure sur la ville :

Si toi aussi, au moins en ce jour qui t'est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux.

Luc 19.41-44

La foule fête un roi. Jésus, lui, voit une ville qui ne connaît pas le temps de sa visitation. Ce décalage est révélateur : on peut participer à une célébration religieuse avec enthousiasme tout en passant complètement à côté de son sens profond aux yeux de Dieu. C'est l'avertissement de fond de cet enseignement.

II

Deux Pâques, deux réalités distinctes

Il faut d'abord distinguer deux fêtes que l'usage populaire a fini par mêler :

Ce mélange des deux donne naissance à ce que l'on appelle « Pâques » avec un s, une fête hybride qui, à force de superposer les traditions, finit par obscurcir le message essentiel. L'Apôtre Paul mettait déjà en garde les Galates contre ce retour aux « faibles et pauvres rudiments » (Galates 4.9-11).

III

La Pâque originelle : comprendre ce que Dieu avait vraiment prescrit

Eau Sang Linteau aspergé de sang Agneau sans défaut Exode 12 « C'est la Pâque de l'Éternel »

Pour saisir ce qu'est réellement la Pâque, il faut remonter à sa source : Exode 12. Et ce qu'on y trouve n'a rien d'une fête. Dieu donne à Moïse des instructions d'une haute précision :

La Pâque originelle n'est donc pas une célébration. C'est un sacrifice pour l'affranchissement, un acte de foi et d'obéissance par lequel le peuple se place sous la protection du sang et de l'eau de l'agneau face à la puissance destructrice.

IV

L'agneau pascal : une image du Christ annoncée depuis toujours

Eau: Baptême Sang: Salut INRI « Christ, notre Pâque, a été immolé » 1 Cor 5.7

Tous ces détails ne sont pas anodins. Ils forment une préfiguration précise du sacrifice de Jésus-Christ, l'Agneau de Dieu annoncé par les prophètes et manifesté à la fin des temps (1 Pierre 1.18-20).

L'agneau pascal: Ancienne Alliance (Exode 12) Jésus-Christ: Agneau de la Nouvelle Alliance
Sans défaut ni tâcheSans péché
Immolé à heure fixeCrucifié à la 3ème heure, mort à la 9ème
Sang sur les poteaux pour protégerSang versé à la croix pour le salut de l'humanité
Eau dans son corps, sans eau ajoutéeEau de son baptême et baptême de l'humanité portée en lui
Aucun os briséJean 19.36 : « Aucun de ses os ne sera brisé »
Sacrifice annuel, répétéSacrifice unique et définitif, une fois pour toutes

Christ, notre Pâque, a été immolé.

1 Corinthiens 5.7 L'Apôtre Paul

Jésus n'est pas venu lors de la Pâque par coïncidence. Il est la Pâque, son accomplissement réel et définitif.

V

La Pâque accomplie : passage d'un rituel à répéter à une œuvre à annoncer

J'ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir ; car je vous le dis, je ne la mangerai plus jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu.

Luc 22.14 Jésus à ses disciples

L'ancienne Pâque n'était pas encore accomplie. Elle pointait vers quelque chose. Depuis la croix, elle est accomplie. Et ce qui est accompli ne se répète plus. Vouloir célébrer la Pâque chaque année, c'est sans le réaliser, demander que Jésus soit sacrifié à nouveau. Or son sacrifice est unique, parfait, suffisant.

Avant la Croix

Un rituel à accomplir, un sacrifice à renouveler, une ombre des choses à venir.

Après la Croix

Une Bonne Nouvelle à proclamer, une œuvre à recevoir par la foi et à annoncer aux nations.

Paul l'exprime ainsi : « Tant que vous mangez ce pain et buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Corinthiens 11.26). Il ne s'agit plus de manger un agneau, mais de professer une mort qui sauve, s'en souvenir chaque fois que nous mangeons et buvons.

VI

Vivre la vraie Pâque aujourd'hui

Si la Pâque n'est plus une fête à observer, comment la « célébrer » aujourd'hui ? Paul donne la clé dans 1 Corinthiens 5.8 : « Célébrons la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la pureté et de la vérité. »

Les pains sans levain ne sont plus un aliment rituel, ils deviennent une image de la vie chrétienne : pure, vraie, débarrassée du péché. Colossiens 2.14-17 conclut : les fêtes religieuses n'étaient que l'ombre des choses à venir. Le corps est en Christ.

Célébrer la vraie Pâque aujourd'hui, c'est donc :

  1. 01 Croire en l'œuvre accomplie par Jésus à la croix : son sang versé pour le pardon des péchés, son eau versée pour notre baptême et notre régénération, sceau de la nouvelle alliance.
  2. 02 Recevoir cette œuvre de salut dans son cœur, non comme un héritage culturel ou religieux, mais comme une réalité vivante et personnelle.
  3. 03 Vivre dans la pureté et la vérité, loin des manifestations et ornements religieux vides de sens.
  4. 04 Annoncer Christ crucifié, car la Pâque accomplie est une Bonne Nouvelle pour toute âme encore en servitude.
Conclusion: Le corps est en Christ

L'ombre a disparu.
La réalité est .

Notre Pâque, ce n'est pas les rameaux, ni le chocolat, ni une cérémonie annuelle.

Notre Pâque, c'est Jésus-Christ, l'Agneau sans tâche, immolé une fois pour toutes sur la croix, avec son eau et son sang versés pour le sacrifice unique du salut.

L'accueillir, croire en son œuvre, la vivre et la propager, voilà ce que signifie célébrer quotidiennement la vraie Pâque. Sans fioritures ni orchestration. En esprit et en vérité.